Dixième session du CONASUR – 10 juillet 2017

Discours de Madame Metsi Makhetha, coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Burkina Faso.

 

• Madame la Présidente du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) ;

• Monsieur le Vice-président du CONASUR ;

• Mesdames et Messieurs les membres du CONASUR ;

• Mesdames et Messieurs les acteurs et partenaires humanitaires du Burkina Faso ;

• Mesdames et Messieurs ;

• Chers invités ;

Un proverbe africain dit ceci « Si tu veux aller vite marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble ». La marche pour la dignité humaine c’est ensemble que nous pouvons réussir.

Je suis à ma deuxième participation à une session ordinaire du Conseil National des Secours et de Réhabilitation (CONASUR) en tant que Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies et je me dois de saluer la tenue régulière de cette instance dont l’importance dans la prévention et la gestion des urgences au Burkina Faso n’est plus à démontrer.

C’est aussi pour moi l’opportunité de saluer les efforts inlassables du Gouvernement et des partenaires à agir sur la prévention des catastrophes et des autres urgences.

Je salue les efforts des ONG chrétiennes réunies au sein de « ACT ALLIANCE » et les ONG membres du « Consortium BRACED »dont les actions contribuent à renforcer les capacités de l’Etat dans la prévention, la préparation et la réponse aux urgences.

Je tiens également à souligner l’appui financier du Bureau de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO) accordé aux ONG.

Le Système des Nations Unies n’est pas en reste.

Nous avons soutenu la formation sur la préparation et la réponse face aux catastrophes et crises humanitaires (ERP), qui a permis au CONASUR d’être à jour au niveau des actions minimum de préparation, comme recommandé par le Comite Inter-Agence des Nations Unies sur les Urgences (l’IASC).

« Merci » à tous de continuer à œuvrer en faveur de la solidarité, qui reste une vertu pour nous tous et pour les burkinabè.

Madame la Présidente,
Monsieur le Vice-président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

La dégradation de la situation sécuritaire dans la région du Sahel a occasionné des déplacements internes des populations qui, en date d’avril 2017, s’élevaient à 2000 personnes environ.

Les conflits communautaires, de plus en plus violents, engendrent en moyenne un peu plus de 3000 victimes et des dizaines de pertes en vie humaine, par an.
Mais aussi des déplacements de populations qui remettent en cause la cohésion sociale.

Les aléas climatiques et la succession des catastrophes naturelles qu’elles engendrent ont provoqué, au Burkina Faso, d’importantes pertes sociales et économiques, ces dernières années.

Ces déplacements, conflits et pertes doivent être prévenus et ne doivent pas se répéter si le Burkina Faso veut s’inscrire dans une dynamique de croissance responsable, durable et inclusive, telle qu’exprimée dans le Plan National de Développement Economique et social (PNDES).

C’est donc à juste titre que je salue la tenue de cette session sous le thème : « Gestion des populations déplacées : enjeux, défis et perspectives ».

Cela montre à quel point les autorités nationales ont à cœur la nécessité de fédérer tous les efforts autour d’une approche plus humaine et mieux coordonnée.

Mesdames et Messieurs,
Chers participants,

Pour sauver des vies aujourd’hui, alléger la souffrance et réduire le nombre de déplacés internes demain, il apparait nécessaire de développer un effort conjoint et soutenu à trois niveaux :

1. Le renforcement de la résilience des populations par la réduction des situations d’insécurité alimentaire et de malnutrition.
2. La prévention des risques liés aux conflits et aux aléas climatiques.
3. La création de conditions favorables pour un développement durable et qui ne laisse personne pour compte.

Dans cette perspective, le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation et le Secrétariat Permanent tiennent un rôle essentiel dans la coordination des interventions à caractère humanitaire et social en cas de catastrophes.

Le CONASUR multiplie les interventions sur le terrain en faveur des personnes en situation de vulnérabilité et ne ménage aucun effort pour relever les défis auxquels font face les populations.

Ces actions pilotées par l’Etat, avec l’accompagnement des partenaires, ne permettent néanmoins pas au CONASUR d’assumer l’ensemble des missions pour lesquelles il a été mandaté.
Cela est particulièrement le cas dans le domaine de la réhabilitation ou relèvement après crise, pour lequel une coordination et des synergies entre les directions et acteurs du développement sont nécessaires.

Chaque année, il y a environ une dizaine de sites et camps d’accueil de sinistrés qui sont créés : Ces sites ne respectent pas toujours les normes sphères.

Aussi, la gestion des sites d’accueil (après inondation, après conflit) pourrait être améliorée.

Les sites spontanés et les sites planifiés devraient être régis par des procédures opérationnelles standardisées.

Parce que la gestion d’une crise de quelque nature que soit, coûte plus cher que la prévention, nous devons, ensemble, travailler à mettre clairement l’accent sur le passage du paradigme de la gestion des crises à celui de la gestion des risques de crise.

Dans le cadre de notre accompagnement au gouvernement pour la mise en œuvre des politiques, alignées sur l’Agenda 2030, le Système des Nations Unies appuie le Burkina Faso dans la réduction des risques de catastrophes, guidé par le cadre d’Action de Sendaï 2015-2030, adopté par les Nations Unies en mars 2015 et dont le Burkina Faso est partie prenante.

Nous restons engagés à soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre du plan d’action de renforcement des capacités nationales et locales pour la réduction des risques de catastrophes et la préparation à la réponse aux urgences au Burkina Faso, à travers l’Initiative pour la réduction des risques de catastrophes (CADRI).

C’est à ce titre que j’apporte mon soutien aux prochaines simulations conjointes Gouvernement – ONG et Nations Unies prévues pour les 17 et 18 juillet prochain, sur la gestion des inondations.

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les membres du CONASUR,

En raison de la complexité et de l’interconnexion des défis auxquels nous devons faire face aujourd’hui, le système des Nations Unies, avec les partenaires, œuvre à mettre davantage en application le principe de sécurité humaine.

Ce principe reflète les liens entre le respect de la dignité humaine, le développement et la sécurité.

Il appelle une évaluation globale, préventive et centrée sur l’être humain, une meilleure coordination et efficacité des actions, et permet de mieux focaliser l’attention sur les menaces existantes ou émergentes pesant sur la sécurité des personnes.

Cela implique, pour nous tous, une « nouvelle façon de travailler ».

C’est-à-dire une approche fondée sur la réduction des besoins humanitaires, un développement inclusif et une durabilité de la paix, ainsi que sur la mise à profit des efforts d’une démarche collective.

Je nourris l’espoir que cette session permettra de renforcer cette démarche tant importante pour la prévention, la gestion, la réhabilitation et le relèvement.

Chers participants,

Je vous souhaite de fructueux travaux.

Je vous remercie.

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