Principes, sens, voies et moyens de la réconciliation au Burkina Faso

Le texte initial du discours de Metsi Makhetha, coordonnatrice résidente du système des Nations Unies, lors de la cérémonie officielle d’ouverture des consultations entre le Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et les forces vives de la nation (sur le thème: Principes, sens, voies et moyens de la réconciliation), le 23 novembre 2017 à Ouagadougou.

Madame la secrétaire générale, Représentant Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’Etat ;
Monsieur le Président par intérim du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale;
Mesdames et Messieurs les Présidents d’institutions ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Forces de Défense et de Sécurité;
Monsieur le Représentant de la Majorité présidentielle ;
Monsieur le Chef de file de l’Opposition ;
Mesdames et Messieurs les Représentants de partis politiques ;
Mesdames et Messieurs les Membres de la Coalition pour la Démocratie et la Réconciliation (CODER) ;
Mesdames et Messieurs les Leaders traditionnels et religieux ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations de la Société civile;
Mesdames et Messieurs les Opérateurs économiques;
Mesdames et Messieurs les Représentants des associations de victimes;
Mesdames et Messieurs en vos noms, grades et qualités;
Distingués Participants;

C’est avec une émotion toute particulière que je prends la parole en cette circonstance qui marque le début d’un dialogue ouvert entre le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) et la classe politique, les forces de défense et de sécurité, la société civile, les opérateurs économiques, les leaders traditionnels et religieux et les associations de victimes.

Je suis particulièrement honorée de prendre part à cette importante cérémonie, qui veut placer le peuple burkinabé au cœur du processus de réconciliation nationale.

Honorée d’être parmi vous aussi, en raison de l’engagement personnel de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso, Chef de l’Etat et garant de l’unité nationale, aux termes de l’Article 36 de la Constitution.

Mesdames et Messieurs,
Distingues invités,

Les Burkinabé, en décidant de mener un processus de réconciliation, ont fait un choix, celui d’écrire une nouvelle page de leur histoire.

C’est une responsabilité historique qu’eux seuls, reconnus pour leur attachement à leur pays, peuvent mener avec succès.

L’expérience des autres pays, en Asie, en Europe et en Afrique, nous enseigne que les processus de réconciliation passent souvent par plusieurs étapes, qui peuvent être complexes.

Malgré la complexité du processus, de nombreux peuples sortant de crise sont parvenus à mener à bon port leur ambition de réconciliation.

Ils nous ont ainsi donné la preuve que la complexité du processus de réconciliation, loin d’être un obstacle, constitue plutôt une manifestation de l’impérieux devoir de tous les acteurs de s’y engager avec sincérité, courage et détermination.

Mesdames et Messieurs,

Votre pays dispose des ressources nécessaires au succès de sa réconciliation.

La qualité de la classe politique, l’engagement de la société civile, le dynamisme de la jeunesse, le courage des juges, le talent des artistes et la vaillance des forces de défense et de sécurité fondent notre optimisme quant à la capacité des burkinabè à relever le défi de la réconciliation nationale.

La volonté politique est manifeste, et la soif de réconciliation et de paix est exprimée tous les jours par le peuple Burkinabé.

Cependant, la route sera longue et parsemée de difficultés de toutes sortes.

Mais il faut quand même y aller.

Chaque peuple a son histoire. Et dans la vie de toutes les nations et de toutes les communautés, il y a des moments difficiles et des moments de bonheur comme des moments de victoire, de retrouvailles et de célébration.

Vous êtes appelés aujourd’hui à créer les conditions d’un vivre-ensemble renouvelé, afin de transformer les erreurs et blessures du passé en une force de paix, de prospérité et de progrès.

Cette démarche est indispensable au rétablissement de la confiance, à la reconstruction du pays et à la préservation des générations futures contre les douloureux événements que le pays a connu par le passé.

Dans une tâche aussi exaltante, il est essentiel de prendre un bon départ et de s’assurer que la marche vers la réconciliation soit irréversible.

A cette fin, il est nécessaire que tous les acteurs s’ouvrent résolument à un dialogue franc et à l’autocritique.

Il faut également que le processus de réconciliation bénéficie d’un encadrement institutionnel efficace et apte à créer des mécanismes appropriés et consensuels.

Il importe enfin que le processus aboutisse au renouvellement du vivre-ensemble dans un Etat de droit, doté d’une justice indépendante et impartiale.

C’est alors que le Système des Nations Unies vous accompagnera pour gagner ce pari, en vous apportant tout son soutien.

Je puis aussi vous rassurer que le Système des Nations Unies est bien conscient qu’un processus de réconciliation relève de la volonté du peuple, qu’il exige du temps pour la cicatrisation des blessures et qu’il repose sur le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation  et la mise en place de garanties de non répétition.

Je vous souhaite de fructueuses discussions et vous remercie de votre aimable attention.

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